Étude & Analyse
Le marché secondaire du Private Equity en route vers les 300 milliards
Le marché secondaire du Private Equity a atteint 240 milliards de dollars en 2025, un record historique en hausse de 48%. Décryptage des forces structurelles qui portent ce marché vers les 300 milliards annuels — et ce que cela signifie pour les investisseurs en licornes.
Carré Partners
5 min
August 12, 2026

L'essentiel en 3 points
1
Volume secondaire 2025
-
$240 Mds
2
Croissance annuelle
-
+48%
3
Capital dédié au secondaire
-
$327 Mds
1. Ce que disent les chiffres de 2025
En 2025, le volume global de transactions secondaires a atteint 240 milliards de dollars, selon le rapport annuel de Jefferies publié en février 2026. C'est une hausse de 48% par rapport à 2024 — année qui était elle-même déjà un record avec 162 milliards.
Le second semestre 2025, à lui seul, a généré 137 milliards de dollars — soit presque autant que l'ensemble de l'année 2024.
Le marché se répartit en deux grandes catégories, quasi à égalité :
- Les ventes initiées par les investisseurs (LP-led) : 125 milliards, soit 52% du total. Des fonds de pension, des assureurs, des family offices qui revendent leurs parts dans des fonds pour récupérer de la liquidité.
- Les opérations initiées par les gérants eux-mêmes (GP-led) : 115 milliards, soit 48% du total — en hausse de 53% sur un an. Ici, c'est le gérant du fonds qui restructure son portefeuille pour conserver un actif performant plus longtemps, tout en offrant une porte de sortie à ses investisseurs actuels.
Ce ne sont plus des opérations de niche. Ce sont des mouvements stratégiques, portés par les plus grands noms du Private Equity.
2. Pourquoi le secondaire accélère aussi vite
Derrière ces chiffres, il y a des forces de fond — pas un simple effet de cycle.
Les investisseurs ont besoin de récupérer leur argent
Plus de 1 000 milliards de dollars de valeur nette (la NAV — la valeur comptable des participations détenues par les fonds) restent bloqués dans des fonds anciens, levés il y a 5 à 10 ans et plus.
Des milliers d'investisseurs institutionnels ont de l'argent immobilisé dans des fonds qui n'ont pas encore vendu leurs participations. Ils ont besoin de liquidité. Le marché secondaire est devenu leur principal moyen de la retrouver.
Les gérants de fonds s'y mettent aussi
Plutôt que de vendre une entreprise performante pour redistribuer les gains, les gérants créent un nouveau véhicule (appelé Continuation Vehicle) qui conserve l'actif. Les investisseurs actuels peuvent sortir, tandis que de nouveaux prennent le relais.
En 2025, 80% des 100 plus grands gérants de Private Equity ont eu recours à ce mécanisme. Et de plus en plus, ces opérations ciblent un seul actif considéré comme exceptionnel — leurs meilleures entreprises en portefeuille.
Un mur de capital prêt à investir
Le capital dédié au secondaire a atteint 327 milliards de dollars fin 2025. Avec les investisseurs traditionnels et l'effet de levier, le total approche les 477 milliards disponibles.
Fait révélateur : 3 des 10 plus grands fonds de Private Equity clôturés en 2025 étaient spécialisés dans le secondaire. Les plus gros acteurs du marché considèrent désormais le secondaire comme un terrain d'investissement à part entière.
3. Ce que ça change pour un investisseur en licornes
Ce qui se passe sur le secondaire éclaire directement la réalité du marché primaire — celui sur lequel se positionnent les investisseurs en licornes.
Les meilleurs actifs ne se négocient pas en solde
Les gérants utilisent le secondaire pour conserver leurs meilleures entreprises. Et quand ils ouvrent l'accès à de nouveaux investisseurs, ces actifs ne se négocient pas au rabais. C'est l'inverse : les meilleures entreprises se paient au prix fort, parfois même avec une prime.
On observe exactement la même dynamique sur le marché primaire des licornes. Les entreprises hypergrowth les plus solides sont ultra-demandées. Leurs levées de fonds sont sur-souscrites. Accéder à leur tour de financement n'est pas une question de prix : c'est une question d'accès.
La liquidité change la donne
Historiquement, investir dans le non coté impliquait d'accepter une illiquidité totale jusqu'à la sortie (IPO, rachat, ou refinancement).
Avec un marché secondaire qui approche les 300 milliards de dollars annuels, cette contrainte s'atténue. Les options de liquidité intermédiaire se multiplient. Un investisseur qui détient une participation dans une licorne en forte croissance dispose aujourd'hui de fenêtres de sortie qui n'existaient pas il y a cinq ans.
Le secondaire réduit le risque d'illiquidité du primaire. Les deux marchés se renforcent mutuellement.
Pourquoi les licornes sont au centre du jeu
Les gérants cherchent à faire circuler le capital bloqué dans leurs fonds matures. Et les actifs qu'ils choisissent de conserver sont, de plus en plus souvent, des participations dans des entreprises technologiques à forte croissance.
Les licornes late stage — celles qui ont franchi le milliard de valorisation, qui génèrent du revenu récurrent, et dont la trajectoire de sortie est identifiable — sont précisément les actifs les plus recherchés. La compétition pour y accéder sur le marché primaire ne fait que s'intensifier.
4. La route vers les 300 milliards — et au-delà
Jefferies estime que le premier semestre 2026 devrait à nouveau dépasser les 100 milliards de dollars. Le cabinet anticipe un chemin clair vers les 300 milliards annuels dans les 12 à 24 prochains mois.
Dawson Partners projette directement 300 milliards pour 2026. Jeremy Coller, fondateur de Coller Capital, anticipe 500 milliards d'ici 2030.
Le secondaire n'est plus un marché de "dernier recours" pour des investisseurs pressés de sortir. C'est devenu le principal canal de liquidité du Private Equity — et un terrain d'investissement à part entière.
Plusieurs signaux à surveiller :
- Le retour des IPO et des M&A : même avec un rebond des sorties traditionnelles, le secondaire continue de croître. Les deux mécanismes sont complémentaires.
- Le crédit privé sur le secondaire : un segment dont les volumes ont plus que triplé entre 2024 et 2025.
- L'intégration de l'IA : des outils qui accélèrent l'évaluation des portefeuilles et rendent les transactions plus rapides.
En résumé
1. Le marché secondaire a atteint 240 milliards de dollars en 2025 (+48%), un record historique.
2. Les plus grands gérants utilisent le secondaire pour conserver leurs meilleures entreprises — un signal fort sur la valeur de ces actifs.
3. Le chemin vers les 300 milliards annuels est tracé — avec un horizon à 500 milliards d'ici 2030.
4. Pour les investisseurs en licornes, c'est une double bonne nouvelle : plus de liquidité en sortie, et une validation que les meilleurs actifs sont ceux sur lesquels il faut se positionner tôt.
Sources et références :
- Jefferies — 2025 Global Secondary Market Review (février 2026)
- Coller Capital — Secondaries: Capitalising on the Wave (décembre 2025)
- Dawson Partners — Secondaries Market Predicted to Break $300B in 2026
Ce contenu est proposé à titre informatif et pédagogique uniquement. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée.
Avant toute décision, prenez le temps d'échanger avec un professionnel agréé (CGP, expert-comptable…) pour évaluer ce qui correspond vraiment à votre situation, fiscale comme patrimoniale.
Tout investissement comporte des risques, y compris un risque de perte en capital.
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Non. Cerebras a publié une perte nette de 14,0 M$ au premier trimestre 2026, pour 193,4 M$ de revenus et une marge brute de 45 %. La société guide une marge opérationnelle core comprise entre -28 % et -32 % sur l'exercice 2026, en raison des investissements engagés dans ses datacenters. Elle disposait de 3,3 Md$ de trésorerie au 31 mars 2026.

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